Prêté par le LOSC, le milieu de terrain Rominigue Kouamé (22 ans) a accepté de se livrer sur sa jeune carrière. De ses débuts en Côte d’Ivoire, à son arrivée en France, l’international malien évoque avec émotion son parcours qui l’a mené aujourd’hui au Paris FC.

Son enfance

Né à Lopou, au sud de la Côte d’Ivoire, Rominigue Kouamé a grandi au sein d’une grande famille (7 sœurs, 4 frères) et a commencé à taper dans le ballon dès l’âge de 7 ans. Repéré dans le quartier de Yopougon à Abidjan, il rejoint le Majestic SC, un centre de formation partenaire des académies Guillou. A l’âge de 12 ans, le jeune Rominigue quitte sa famille pour intégrer l’Académie Guillou au Mali. « Ce fut très dur de se séparer de ma famille et de mon pays si tôt. Ma mère ne voulait pas que je parte car je venais de perdre mon père. Mais je voulais réaliser mon rêve, d’autant plus que l’Académie était réputée.» Là-bas, il y poursuit sa formation et s’épanouit : « On était comme une famille car on était entre jeunes enfants. On était insouciant et on s’amusait ! C’était ma seconde famille. » Après 5 ans, il rejoint l’AS Real Bamako, l’un des meilleurs clubs de D1 malienne.

Son arrivée en France

Avec la sélection du Mali, il est repéré lors du Championnat d’Afrique des Nations 2016 par le LOSC. Rominigue débarque au nord de la France en mars 2016. Les premiers mois permettent au milieu de terrain de s’adapter à sa nouvelle vie. « C’était très difficile au début. Mais on était dans de bonnes conditions, les installations à Luchin étaient fantastiques… Je n’avais jamais connu cela ». Le jeune qui observait le championnat de France à la télé rencontre aussi ses nouveaux coéquipiers. « Le premier joueur professionnel que j’ai croisé était Rio Mavuba. Il était en interview, je me suis arrêté pour le regarder. J’ai demandé à un coéquipier si c’était bien lui. J’étais émerveillé. »

Au cours de l’été 2017, Marcelo Bielsa l’invite à effectuer la préparation d’avant-saison avec le groupe professionnel, avant d’effectuer ses premiers pas en Ligue 1 le 6 août face à Nantes (3-0). « Je n’avais pas imaginé que ça puisse aller aussi vite pour moi. Lors de mon premier match en Ligue 1, je rentre à la mi-temps et j’effectue une passe décisive. C’est mon grand plus souvenir ! Je n’oublierai jamais ce moment. » Formé au poste de milieu de terrain, Rominigue joue pourtant au poste d’arrière gauche sous les ordres du coach argentin. « Avec lui, il n’y a pas de poste définitif. Il m’a dit : je sais que ce n’est pas ton poste, mais je sais que tu peux jouer à ce poste. Je me suis appliqué à répondre à ses attentes, j’ai appris des choses, mais ce n’était pas facile, surtout concernant le placement car je n’étais pas habitué. Mais avec lui, j’ai appris beaucoup de choses ! », explique-t-il.

Malheureusement pour lui, en octobre 2017, une blessure le stoppe dans sa progression. Après de longs mois de convalescence, Rominigue reste écarté des terrains et ne connaitra plus la joie de fouler les pelouses de Ligue 1. « Quand je suis revenu en forme, le coach avait changé, l’équipe était en difficulté, et c’était difficile de jouer. Mais je n’ai rien lâché et travaillé dur ».

Le prêt au Paris FC

A la fin du mois de juillet 2018, Romingue Kouamé est prêté pour une saison au Paris FC. « Je ne voulais plus jouer au poste d’arrière gauche et je voulais exprimer mon talent au milieu de terrain. J’ai eu des discussions avec le coach et on a convenu d’un prêt. » détaille-t-il. « Je n’ai pas eu peur de venir au Paris FC. Il fallait que je tente ma chance pour gagner du temps de jeu. » Arrivé sur la pointe des pieds, le timide Rominigue gratte petit à petit du temps de jeu. « En arrivant ici, je savais que rien n’était gagné d’avance et qu’il fallait que je me fasse violence pour gagner ma place. »

Le milieu de terrain a participé jusqu’à présent à 19 rencontres de championnat. « C’est ma première véritable saison au haut niveau et j’en suis satisfait. J’ai beaucoup progressé, j’ai acquis de la confiance au fil des matchs et cela m’a permis de me libérer pour montrer mes qualités. » Désormais épanoui au sein d’un vestiaire qui l’a très bien accueilli dès le début, Rominigue ose désormais plus et cela se voit. « S’il y a une chose qui me manquera d’ici, c’est le vestiaire. Ça rigole bien et on partage beaucoup de bons moments ! Il y a beaucoup d’amour dans le vestiaire, on est une bande de potes ! Je pourrais même dire que c’est ma troisième famille (sourires) ! Je n’avais jamais connu un vestiaire comme ça. » Au-delà des terrains, Rominigue a aussi pu apprécier la beauté de la capitale : « J’aime beaucoup Paris ! Je n’étais jamais venu, j’ai découvert cette ville magnifique ! »

Yves Bissouma

Originaire du même quartier, Rominigue Kouamé et Yves Bissouma possèdent une trajectoire similaire jusqu’à leur arrivée au LOSC. « Yves, c’est comme mon frère ! On a grandi dans le même quartier et ensuite on a toujours joué ensemble. On nous appelait les jumeaux. On pensait qu’on n’allait jamais se séparer ! » Aujourd’hui à Brighton, Yves Bissouma et Rominigue Kouamé tracent désormais leur propre chemin tout en gardant une relation très forte.

Son dernier tatouage

Lors de l’interview, un détail nous interpelle. Sur l’avant-bras de Rominigue, un tatouage a fait récemment son apparition. « Je me suis tatoué le visage de ma mère il y a quelques semaines. J’ai une relation très fusionnelle avec elle, elle a toujours été là pour moi malgré le fait que ce ne soit pas toujours facile », explique-t-il avec émotion. « Lors de mon premier match en Ligue 1, elle m’a demandé pardon car elle se rappelait des moments où elle ne souhaitait pas que j’aille jouer au foot. »

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